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- Changer la donne : gravir 3 niveaux ?




Notre objectif est de réussir un projet dans un contexte donné.

Mais dans quelle mesure ce défi est-il relevé ?


Le projet réussi

Le projet réussi a du sens et justifie la manière dont il réagit à son contexte - la continuité, la rupture, l'entre-deux. Quel que soit son angle d'approche, il voit juste, pense un univers et améliore un lieu.


Le projet majeur

Le projet majeur va au-delà : il propose une approche qui questionne les habitudes. Il apporte une nouveauté qui pense au-delà du site, s'élabore dans la matière de l'architecture elle-même en tant que discipline. Bien qu'il soit incarné par des clichés, le contemporain n'a pas de visage. De son temps et hors de son temps, il est d'abord prise de position. En ce sens, le projet majeur questionne, ouvre et élève le débat.


Le projet qui change la donne

Le projet qui change la donne surpasse les autres en innovant. Il élabore l'espace construit en tournant le dos aux habitudes. Il adopte une approche spatiale, technique, méthodologique différente qui nourrit la possibilité d'un type inédit. Il change son siècle.


L'architecture du XXe siècle fut l'amalgame de nouvelles possibilités techniques avec l'idée de modernité.

Si aboutie, si théorisée, si prépondérante, elle écrase l'imaginaire de notre XXI siècle.


Mies Van der Rohe a écrit :

"L'architecture est la volonté de l'époque traduite en espace. Vivante, changeante, neuve."

Changer la donne, ce serait mettre notre siècle en espace.


On sait qu'il y a urgence à changer.

Que faire face aux courbes exponentielles de notre siècle et l'effroi qu'elles suscitent ?

L'héritage que nous avons reçu paraît ingérable. Sa complexité - dérèglement climatique; surexploitation des ressources, surpopulation, instabilité mondiale, mouvements de populations; (dés)information en temps réel, intelligence artificielle, algorithmes, robotisation - n'a de simple que le constat d'une perte d'échelle.


En attendant de savoir que faire dans un monde où tout doit aller vite, on réédite : autoroutes, supermarchés, barres de logement, étalement urbain, maisons sur catalogue, les mêmes bâtiments d'enseignement pour une éducation qui peine, elle aussi, à trouver quoi dire aux générations qui nous suivent.


Notre XXIe siècle peine à trouver ses espaces. Comment le pourrait-il quand la "volonté de notre époque" n'exprime pas assez fort la volonté de prendre un autre chemin ?


Le premier acte a pourtant lieu : en attendant de savoir que faire dans un monde trop complexe, un certain nombre d'entre nous revient aux choses simples.

L'innovation de notre siècle n'est peut-être pas au bout d'une chaine industrielle high tech, mais dans des savoirs-faire millénaires; dans les restes qu'on nous a laissés, les chemins à tracer et les arbres à planter, nos alternatives aux couts du foncier et du bâtir.


Alors au lieu de perdre pied, nous pourrions bien mettre notre siècle en espace en reprenant racine.





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